Historia y Arqueología Marítima

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LA PATRIMOINE CULTUREL ET INDUSTRIEL DU BAS-URUGUAY

(ARGENTINE, URUGUAY) : TYPOLOGIE, SPÉCIFITÉS ET POTENTIALITÉS TOURISTIQUES

Indice Puertos

 

Loïc Ménanteau - Géolittomer, UMR 6554 LETG CNRS et université de Nantes, Chemin de la Censive du Tertre, BP 81227, 44312 Nantes cedex 3 Courriel : loic.menanteau@univ-nantes.fr

René BORETTO OVALLE - Museo de la Revolución industrial, Santiago Lowry n° 1392, 65000 Fray Bentos (Uruguay) - Courriel : rboretto@adinet.com.uy

Base I. Typologie et caractéristiques du patrimoine fluvial II. L’héritage culturel de l’immigration
III. Saladeros et frigorifiques, patrimoine industriel sur les rives fluviales IV. Histoire de la navigation et patrimoine portuaire V. Références bibliographiques
La publicacion de este estudio ha sido gentilmente permitida por el Sr. Loïc Ménanteau, y ha sido publicado anteriormente en otros sitios d ela Universidad de Nantes. Este estudio muestra el potencial turistico de las orillas del bajo Uruguay y menciona con muy buena precision el patrimonio historico que tienen esta área,  con enfasis en la historia fluvial de la misma, por lo que creemos que merece ser publicado en Histarmar. Esta en frances en original, lamento no haberlo podido traducir, pero lo ma simportante creo que es facil de entender. C.Mey

Zone fluviale frontalière entre l’Argentine et l’Uruguay (v. cartouche fig. 1), le Bas-Uruguay (environ 350 km du nord au sud) est délimité à l’amont par le vaste lac de retenue (780 km2) du barrage hydro-électrique de Salto (1979), établi à l’emplacement d’un important seuil rocheux, Salto Grande, et, à l’aval, par le delta du Río Paraná, dans lequel il se jette (fig. 1 et 2). Il constitue le bas cours d’un fleuve de 1 600 km de longueur drainant un bassin hydrographique de 368 000 km2 (Viera, 1962), lui-même s’insérant dans le bassin du Paraná (L=2 570 km, superficie=1 510 000 km2) et, à une petite échelle spatiale, dans celui de la Cuenca de la Plata (3 100 000 km2). D’un débit moyen de 4 700 m3/s, le Río Uruguay a une histoire hydrologique marquée par des crues dévastatrices (ex. à Salto, 1941 : débit de 29 500 m3/s, 15,83 m au-dessus de l’étiage ; 1959 : débit de 36 000 m3/s, 17,94 m au-dessus de l’étiage) (Gómez Gavazzo, 1962) et, plus rarement, par des étiages prononcés (ex. mars 1906 où, à Salto, le fleuve pouvait être franchi à pied sec). Le fleuve est soumis à l'onde de la marée dynamique qui fait ressentir ses effets[i], de manière exceptionnelle, jusqu'à Concordia. L'amplitude moyenne, qui est faible (ex. Nueva Escocia : 0,45 m ; Concepción del Uruguay : 0,48 m), varie en fonction du débit fluvial : elle est presque inexistante pendant les crues. Le vent exerce une influence sur l'hydrologie. Ainsi, lorsqu'en période d'étiage souffle très fort le pampero (vent du sud), le courant est ralenti et le niveau d'eau surélevé (Dirección General de Navegación e Hidrográfica, 1954, p. 160-161).

Figure 1. Localisation du Bas-Uruguay. Photographie prise depuis la navette spatiale en décembre 1990, vol STS035 (NASA). Remarquer : au premier plan, la confluence des basses vallées des Ríos Uruguay (tireté bleu) et Paraná (delta : 30 000 km2) qui encadre un triangle nommé Entre Ríos (nom de la province argentine) ; au plan moyen, le Río de la Plata, vaste entonnoir, formée de deux parties : la partie haute, large de 50 km entre Colonia de Sacramento et Buenos Aires, et de 100 km entre Punta Piedras et Montevideo, où se situe le front fluctuant du bouchon turbide ; le Río extérieur, ample front ouvert sur plus de 200 km. Au plan lointain (sud-est), l’Atlantique rioplatéen. Cartouche : en rouge, situation du Bas Uruguay en Amérique du Sud.

Deux faits majeurs caractérisent le Bas-Uruguay : une opposition (Araújo, 1892) entre une rive uruguayenne escarpée taillée dans les basaltes (au nord de Paysandú) ou les calcaires (au sud de la même ville), formant des barrancas (falaises ravinées), et une rive argentine basse et plate modelée dans les dépôts du Pliocène et du Quaternaire, et une frontière insulaire formée par 140 îles et îlots - albardones - (20 000 ha) dont 14 (2 000 ha) ont été l’objet de conflits juridiques (« materia de controversia ») entre l’Argentine et l’Uruguay (Martínez Montero, 1955, 1958). Ces îles sont présentes sur 200 kilomètres du lit majeur, entre la Meseta de Artigas et Fray Bentos, mais elles sont concentrées entre cette dernière ville et Concepción del Uruguay (localisation figure 2 ; Ménanteau, à paraître). La frontière est déterminée par le tracé[ii] sinueux et fluctuant du chenal de navigation (CARU, 1983). Le cours du fleuve est jalonné par une trentaine de seuils sableux et rocheux - restingas (ex. Corralito, El Hervidero), les pasos, dont certains sont dangereux (Dirección General de Navegación e Hidrográfica, 1954), à la fois pour la faible profondeur d’eau et les remous qu’ils provoquent (El Hervidero). Dragages, déroctages et aménagements hydrauliques (chenalisation) ont été réalisés depuis le début du XXe siècle dans le but de limiter, voire de supprimer, les effets négatifs de ces obstacles à la navigation[iii] (Martínez Montero, 1955, p. 30-36).

Le Bas-Uruguay, nommé au XVIIIe siècle le Río de los Jesuitas (Barañano Da Costa, 1964 ; Millé, 1972) possède un patrimoine fluvial (ou lié au fleuve) d’une grande richesse et variété, sans doute l’un des plus denses de l’Amérique du Sud. Présent sur les deux rives fluviales, argentine et uruguayenne (appelées costas ou litoral), il offre de fortes potentialités touristiques qui peuvent être un moteur pour le développement local et contribuer à une identité favorisant l’intégration transfrontalière régionale de deux des pays du Mercosur.

Figure 2. Le Bas-Uruguay (Argentine, Uruguay) entre Salto Grande et le Río Paraná, avec localisation des principaux sites patrimoniaux. Mosaïque de deux images du satellite Landsat 7 ETM+ (scènes 225-082 y 225-083) acquises le 18-11-2000. Projection UTM zone 21 (WGS 84). Composition trichromatique en pseudo-couleurs naturelles (Rouge = bande 1 ; Vert = bande 2; Bleu = bande 3). Traitement des images : Olivier Geffray et Loïc Ménanteau (Géolittomer, LETG - UMR 6554 CNRS). Le fleuve détermine la frontière entre l’Argentine (à gauche) et l’Uruguay (à droite). Remarquer : le lac de barrage de Salto Grande, l’ampleur (12 km de large) du cours fluvial en aval de Fray Bentos, l’étranglement (1,1 km) provoqué par la progradation du delta du Paraná. Franchissements routiers du fleuve : 1, digue du lac de retenue de Salto Grande ; 2, pont international General José Gervasio Artigas ; 3, pont international Libertador General José de San Martín.


[i] La différence horaire est de 3h 15 pour Colón, 7h 30 pour Concordia. Marnage maximun relevé : 1,40 m à Nueva Palmira.

[ii] Son tracé résulte du levé hydrographique effectué en 1901-1909 et reporté sur le « Derrotero de Navegación de Gran Calado ». Dans les Notas reversales du 31 octobre 1969, la frontière est définie comme : « la que corre coincidentemente con el eje del canal, es decir uniendo los puntos de mayor profundidad » (la ligne de frontière coïncide avec l’eau qui coule dans l’axe du chenal, c’est-à-dire unissant les points de plus grande profondeur).

[iii] En période d'inondation ou pendant les périodes où soufflait le vent du sud, appelé pampero – à l'origine d'une surélévation du niveau d'eau -, les embarcations pouvaient les franchir plus facilement.

 

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